Les diagnostics obligatoires avant la signature d’un compromis de vente

On prépare une vente, l’acheteur est trouvé, le rendez-vous chez le notaire approche, et là le diagnostiqueur annonce un délai de deux semaines. Le compromis est reporté. Ce scénario se répète parce que beaucoup de vendeurs lancent les diagnostics trop tard. Le DDT (dossier de diagnostic technique) doit pourtant être annexé dès la signature du compromis de vente, pas seulement à l’acte authentique. Mieux encore, certaines obligations commencent bien avant, dès la rédaction de l’annonce.

Le DPE dans l’annonce : une obligation qui précède le compromis

Avant même de parler de compromis, on doit afficher le diagnostic de performance énergétique sur l’annonce immobilière. Classe énergie, classe climat, estimation de la consommation annuelle : ces données conditionnent la diffusion du bien sur les portails.

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Concrètement, un bien mis en vente sans DPE visible s’expose à un retrait d’annonce par la plateforme. C’est aussi un signal négatif pour les acquéreurs, qui filtrent de plus en plus par étiquette énergétique.

Le DPE déclenche une autre obligation pour les maisons individuelles et immeubles en monopropriété classés E, F ou G : l’audit énergétique doit accompagner le DPE. Ce document, plus détaillé, propose des scénarios de travaux chiffrés. On ne peut pas le confondre avec le DPE, c’est un livrable distinct que le diagnostiqueur ne réalise pas toujours lui-même.

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Gaz et électricité : le seuil des 15 ans que les vendeurs oublient

L’état des installations intérieures de gaz et d’électricité n’est exigé que si l’installation a plus de 15 ans. Dans les faits, la majorité des biens en revente dépassent ce seuil, mais les propriétaires de logements récents pensent parfois devoir quand même les faire réaliser, ce qui gonfle la facture sans raison.

Agent immobilier présentant les diagnostics obligatoires à des acheteurs avant la signature d'un compromis de vente

Le piège inverse existe aussi : un tableau électrique refait il y a dix ans ne dispense pas du diagnostic si le reste du réseau date de la construction initiale. C’est la date de l’installation d’origine qui compte, pas celle de la dernière intervention partielle. Les retours varient sur ce point selon les diagnostiqueurs, mais la lecture stricte du texte porte bien sur l’âge global de l’installation.

La validité de ces deux diagnostics est limitée dans le temps. Un état gaz ou électricité réalisé trop tôt peut expirer avant la signature de l’acte authentique si la vente traîne.

Amiante, plomb, termites : des diagnostics liés à la date de construction et à la zone

Tous les biens ne nécessitent pas les mêmes diagnostics. On adapte le DDT selon trois critères principaux :

  • La date de construction détermine l’obligation de diagnostic amiante (biens dont le permis de construire est antérieur à une certaine date) et de constat de risque d’exposition au plomb (logements construits avant 1949).
  • La localisation géographique conditionne le diagnostic termites, l’état des risques naturels, miniers et technologiques, et dans certaines zones, l’information sur la présence d’un risque de mérule ou sur l’exposition au bruit des aéroports.
  • Le type de bien (maison individuelle ou lot de copropriété) fait varier le périmètre : l’assainissement non collectif concerne uniquement les maisons non raccordées au tout-à-l’égout, et le mesurage loi Carrez s’applique aux lots de copropriété.

On voit régulièrement des vendeurs commander un diagnostic termites dans une zone non concernée. Le diagnostiqueur le facture sans broncher. Avant de signer un devis, vérifier la liste exacte auprès du notaire évite de payer des diagnostics inutiles.

Calendrier pratique : quand commander le DDT pour ne pas bloquer la vente

Le DDT doit être remis à l’acquéreur au plus tard le jour de la signature du compromis ou de la promesse de vente. En pratique, on recommande de lancer les diagnostics dès la décision de vendre, pour plusieurs raisons.

D’abord, le DPE doit figurer dans l’annonce, donc il faut le tenir prêt avant la mise en marché. Ensuite, si l’audit énergétique est nécessaire, il demande un délai supplémentaire : peu de professionnels le réalisent le même jour que le DPE.

Le notaire vérifie la complétude du dossier avant la rédaction du compromis. Un diagnostic manquant repousse la date de signature. Dans le pire des cas, l’acheteur se rétracte pendant ce délai supplémentaire.

Voici les durées de validité à surveiller pour ne pas se retrouver avec un document expiré le jour de l’acte :

  • Le DPE reste valable dix ans (sauf cas particuliers de DPE réalisés avant certaines dates de réforme).
  • L’état des risques doit dater de moins de six mois au moment de la signature.
  • Les diagnostics gaz et électricité ont une validité de trois ans en cas de vente.
  • Le diagnostic termites est valable six mois, ce qui en fait le plus contraignant en termes de timing.

Documents de diagnostics immobiliers obligatoires étalés sur un bureau, dont le DPE et le diagnostic amiante, avant signature d'un compromis de vente

Exceptions au DPE : des biens dispensés que les vendeurs ignorent

Le DPE n’est pas universel. Certains bâtiments indépendants dont la surface de plancher est inférieure à 50 m², les monuments historiques classés, ou les logements occupés moins de quatre mois par an en sont dispensés. Dans ces cas, le DDT ne comprend pas de DPE, mais les autres diagnostics restent dus.

Ces exceptions sont rares dans les transactions courantes. On les croise surtout pour des annexes, des dépendances ou des résidences saisonnières. Le notaire signale normalement la dispense, mais mieux vaut poser la question en amont plutôt que de payer un DPE qui ne sera pas exploité.

Un compromis signé sans DDT complet n’est pas nul, mais l’acquéreur peut invoquer un vice du consentement ou demander une diminution du prix. Le vendeur porte la responsabilité du dossier et de son coût. Le plus simple reste de traiter le sujet en amont, dès la mise en vente, pour que le jour de la signature ne réserve aucune mauvaise surprise.

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